08.11.2009

Débats riches et instructifs après la projection du film "Nos enfants nous accuseront"

agriculture 10.JPGIl y avait une soixantaine de personnes pour la projection du film Nos enfants nous accuseront organisée le vendredi 30 octobre par la municipalité de Moussan. Accueillis par le maire, c'est Jérome Bonavent conseiller municipal qui a introduit le débat autour du thème sur le devenir de l'agriculture sur nos territoires. Introduction qui a mis l'accent sur la complexité écologique et sociale de l'agriculture, ainsi que sur toutes les dérives actuelles avec ce milliard de personnes qui souffre de malnutrition, l'usage de produits de synthèses qui affectent de plus en plus notre environnement. Mais aussi avec la ruine des paysans du tiers monde et des difficultés grandissantes de ceux de l'Occident.

agriculture 3.JPGLes questions de la salle ont très vite permis, grâce aux intervenants d'avoir un échange respectueux et d'une grande qualité. Jean-Luc Dairien directeur départemental de l'équipement et de l'agriculture a ouvert les débats en précisant notamment les mesures qui étaient mises en oeuvre pour réduire l'usage des pesticides. Gérard Cribaillet, vice-président du Grand Narbonne, délégué à l'agriculture a précisé qu'« il n'y avait pas de doute sur le fait qu'il fallait aller au plus vite possible vers une agriculture biologique » et nous montrer l'importance de la mobilisation du milieu politique. Rémy Ibanez, agriculteur dans le Narbonnais, élu à la chambre d'Agriculture, a rappelé « la position difficile des agriculteurs pris entre le marteau et l'enclume » avec d'un côté des traitements qui coutent de plus en plus chers et de l'autre côté des controles sanitaires vis à vis des microtoxines qui obligent les agriculteurs à traiter.

agriculture 11.JPGDe son coté Jean-Jacques Castellar, vice président du syndicat des vignerons a bien précisé que si les conditions financières étaient réunies, ils étaient prêts à aller vers l'agriculture biologique. Le représentant viticole souligna : « Notre région a un climat qui se prête à la viticulture, c'est une région où on traite le moins, quatre traitements maxi, d'autres régions moins bien exposées pratiquent une quinzaine de traitements. » En effet comme le soulignait, Lilian Céballos tous les agriculteurs sont soucieux de produire un aliment de qualité et souhaient vivre de leur production  sans dépendre d'aides comme aujourd'hui.

Gérard Cribaillet a complété son propos sur le volet économique en parlant des circuits courts, mais aussi de la nécessité de s'organiser collectivement vis à vis des circuits de vente. Lilian Céballos, chercheur en écologie et pharmacologue a apporté un éclairage scientifique sur toutes les questions qui pouvaient être posées en apportant des informations stupéfiantes, tel que ce dernier avis de l'AFSSET ( Agence française de sécurité sanitaire environnementale du travail) qui précise que plus de 90%  des combinaisons de traitement étaient perméables aux produits utilisés. Mais aussi en précisant des points comme le fait que réduire de moitié le tonnage des produits de synthèses utilisés n'entrainerait pas forcément d'amélioration sur l'environnement en raison notamment de la non linéarité de la relation entre toxicité des produits et quantité utilisée. Il a conclu sur une note d'espoir, en parlant des cercles vertueux utilisés en agro-écologie, pour exprimer comment le renouveau de la terre, nettoyée de ces traitements de produits de synthèses, était source de création de toujours plus d'humus, de davantage de diversité et donc de rendement agronomique du sol.

Manquait peut être un praticien de l'agriculture biologique pouvant faire partager son expérience ou également des techniciens de la chambre d'agriculture pouvant témoigner de leur travail et des changements à l'oeuvre sur les pratiques. De toute façon le sujet est bien trop important pour s'arrêter là ; les coordonnées ont été échangées et les intervenants reprendront contact afin d'approfondir ces sujets.

20:17 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

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